En hommage à Jacques Canut et Khatoun Salma
Sous le souffle ancien des montagnes blessées,
Le Liban se dresse, fragile et indompté,
Comme un homme debout malgré ses chaînes d’ombre,
Portant dans ses silences mille voix qui encombrent.
Ses racines plongent dans la mémoire des pierres,
Où la Terre murmure des prières millénaires,
Chaque olivier noueux raconte un vieux serment,
D’aimer jusqu’à la cendre, et renaître pourtant.
Les hommes y marchent, le cœur chargé d’étoiles,
Le regard suspendu entre l’espoir et le voile,
Ils bâtissent encore, sur les ruines fumantes,
Des rêves obstinés aux lumières tremblantes.
Et le ciel, vaste écrin aux bleus inaltérés,
Se penche sur Beyrouth comme un père égaré,
Il recueille les cris, les chants et les silences,
Et les tisse en lumière pour nourrir l’espérance.
Ô Liban, triple souffle, homme, Terre et azur,
Ton nom brûle et s’élève, à la fois doux et dur,
Et dans chaque blessure que le temps abandonne,
Naît une éternité que ton âme façonne.











